Traduction — «Pourquoi la guerre états-unienne contre le terrorisme est un échec», par Patrick Cockburn

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2 réponses

  1. Franscopus dit :

    Il est un abus de langage auquel il m’apparaît nécessaire de remédier. Car laisser les choses aller encore ainsi, et peut-être pour bien longtemps si l’on ne fait rien, ne peut plus convenir. Voilà le fin mot de la chose.

    Dans tous les discours, les messages, les écrits, est utilisé le mot « Américain » comme nom désignant les personnes qui vivent aux Etats-Unis. Ce mot Américain est d’ailleurs d’autant plus facilement utilisé qu’on pense au fait qu’ils sont (étaient… ?) les premiers en termes d’économie ; que ce sont les Américains qui ont la plus grosse armée ; ou bien que les Américains possèdent Wall Street…. Les exemples pullulent qui vont dans le même sens et constamment, lorsqu’on nous parle d’eux, l’on cite les « Américains ».
    Qu’on s’entende bien : à chaque fois que l’on nous parle ainsi, il s’agit bien en fait des personnes qui vivent, qui travaillent, bref qui font quelque chose… aux Etats-Unis.
    Or les Etats-Unis, aussi grands soient-ils, ne sont en réalité pas l’Amérique.

    L’Amérique, c’est un continent.
    L’Amérique est formée de 3 parties : celle du nord, celle du centre, et puis celle du sud.
    L’Amérique comprend, par ordre alphabétique, l’ensemble des pays suivants : l’Argentine, le Belize, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Guyana, la Guyane française, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Salvador, le Surinam, l’Uruguay, le Venezuela… et tous ces pays-là en plus des Etats-Unis ! Alors parler des Américains quand il ne s’agit que des habitants des Etats-Unis, c’est faire finalement bien peu de cas des tous ces autres peuples, c’est-à-dire de ceux de chacun des pays cités précédemment. On peut même dire que cet abus de langage est quasiment insultant envers ces 20 autres peuples… !
    Par exemple, je ne crois pas que les Vénézuéliens de Chavez – et de Maduro aujourd’hui – apprécieraient particulièrement que l’on attribue aux seules personnes des Etats-Unis ce mot d’Américains. D’ailleurs moi-même, et cela m’est tombé sous la plume sans que j’aie à réfléchir : les personnes vivant au Venezuela, ce sont les Vénézuéliens….
    Tout simplement.
    Pareillement avec les Brésiliens, les Mexicains, les Costaricains, les Canadiens, les Guyaniens, …etc.

    Alors je voulais l’écrire car, une fois que cette prise de conscience est enclenchée, ne rien changer dans ma façon de parler m’aurait rempli de honte.
    A partir de maintenant, je tâche de faire bien attention, et de ne plus me tromper de mot.
    Quand je veux évoquer les personnes qui vivent, qui travaillent, aux Etats-Unis,
    et bien je dis : les Etats-uniens.

    Voilà.
    Les Etats-uniens.

    Il n’y a rien de révolutionnaire à cela : le mot est attesté depuis 1910. Et il a déjà été employé à un certain nombre d’occasions.
    http://fr.wiktionary.org/wiki/%C3%A9tats-unien

    Par contre, j’ai été surpris d’apprendre que l’arrêté français du 04 novembre 1993 entérinait le terme d’« Américain » pour les habitants des Etats-Unis…
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Arr%C3%AAt%C3%A9_fran%C3%A7ais_du_4_novembre_1993_relatif_%C3%A0_la_terminologie_des_noms_d%27%C3%89tats_et_de_capitales

    Je ne sais pas expliquer pourquoi une telle situation a été entérinée, car elle me semble être tout à fait affligeante pour les 20 autres peuples que je citais ci-dessus. En effet, s’il est logique, normal, qu’un peuple donné soit associé à son pays, il est illogique et anormal qu’un autre peuple – et un seul, qui plus est – soit associé à son continent. En quoi cela peut-il se justifier ? Voudrait-on faire penser, par ce biais, que ce peuple-là serait au-dessus des autres ? Ce peuple-là bénéficierait-il d’un avantage, d’un privilège auquel les autres peuples n’auraient pas droit ?
    Tout cela est bien surprenant.
    Même, je dirais que tout cela est bien choquant…
    Surtout si l’on note que les 318 millions d’Etats-uniens ne constituent en fait que 34 % du total des habitants des 3 parties de l’Amérique (918 millions d’habitants). Il n’est pas acceptable qu’un tiers des individus d’un continent usurpent le terme qui convient à la totalité du groupe humain en question.

    Bien sûr, cette remarque ainsi faite ne va pas bouleverser la donne. Demain matin, rien ne sera changé. Oui…
    Mais quand même. Ne rien dire n’est pas suffisant. Alors j’écris.
    Et puis je diffuse, également.
    L’idée, si elle est juste, fera son chemin. D’autres que moi la reprendront. Elle fera d’autres convaincus. Et cet abus de langage, pas si innocent que cela en fait, sera battu en brèche.

    • admin admin dit :

      Bonjour Franscopus,

      Merci pour ces précisions linguistiques. J’ai mis à jour le billet pour prendre en compte vos remarques. Je tenterai d’utiliser ce terme à l’avenir, puisqu’il est effectivement plus logique.

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