Médias et élections (4) : Internet et temps de parole médiatique

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8 réponses

  1. Seb dit :

    Superbe analyse, bravo et merci.

    Vous dites notamment en conclusion : « … et bloquent l’accès au médias de certains autres, pour des raisons obscures … »
    Les raisons ne me semblent pas si obscures que cela. Il me semble évident qu’en règle générale, on fait taire ceux qui dérangent et on « propagande » ceux qui servent. En dictature pure et dure, cela passe par répressions physiques, goulags, parti unique, ministères de l’information, et autres joyeusetés. En dictature cachée (nos sociétés occidentales pseudo « démocratiques »), cela passe par sur-médiatisation, sous-médiatisation, journalistes aux ordres, lavages de cerveaux télévisuels, contrôle d’internet, etc …

    Raison de plus pour tout le monde de s’intéresser à ceux qui n’ont pas accès aux médias, non ?

    Ce commentaire n’engage que moi, of course 😉

  2. Seb dit :

    Ah au fait : Asselineau samedi soir dans « on n’est pas couché » :

    François Asselineau invité politique de Laurent Ruquier dans l’émission « On n’est pas couché » sur France 2.
    Samedi 20 sept @23 h 00 min

  3. Caron dit :

    Bonsoir Monsieur,
    Je vous remercie du travail que vous avez effectué pour l’intérêt citoyen.
    Je suis adhérent de l’UPR depuis moins d’un mois. J’ai moi même travaillé ce matin sur l’information médiatique. Mon approche était davantage sur les commanditaires de cette manipulation du citoyen. J’ai d’ailleurs trouvé un papier très intéressant sur agora vox sur qui sont les propriétaires des médias. Si je ne fais pas d’erreur, après lecture complète de votre analyse, vous n’évoquez pas l’influence des sondages qui sont du même ordre que le temps de parole.
    Cordialement

    • admin admin dit :

      Bonjour Caron,

      Merci pour votre commentaire.

      Effectivement, je ne pense pas avoir parlé des sondages. La place de leur mention serait dans le 3e billet, portant sur les mécanismes.

      Le sondage est une sorte de caisse de résonance du temps de parole, une sorte de « temps de parole indirect » : les sondés ne peuvent aimer un candidat dont ils n’ont entendu parler, et ceux dont ils ont entendu parler sont ceux qui sont beaucoup passés dans les médias de masse. Le sondage fait donc partie des mécanismes qui renforcent les tendances existantes : un candidat qui passe beaucoup dans les médias sera populaire auprès des sondés, et lors de la publication du sondage, le nom dudit candidat fera les gros titres des journaux, augmentant encore sa médiatisation.

      Et effectivement, il semblerait que les professionnels de la communication de Sorkozy aient bien compris que le sondage constitue un bon outil pour initier un processus de médiatisation et/ou biaiser l’opinion favorablement :
      http://www.atlantico.fr/pepites/nicolas-sarkozy-vainqueur-en-2017-histoire-vrai-faux-sondage-valeurs-actuelles-1733757.html

  4. Gérard GAMBARO dit :

    Je vous félicite pour cette étude que je diffuse à tous mes contacts !
    J’ai découvert l’UPR en mai 2014, alors qu’il existe depuis 7 ans, lors d’une recherche Internet sur l’Union Européenne !!! Idem pour mes relations…
    La surmédiatisation a eu un autre effet, l’abstention de plus de 50% en Europe, qui ne donne plus aucune « légitimité » aux résultats des élections.
    Il est temps qu’un vrai débat ait lieu entre les « surmédiatisés » et l’UPR…

    • admin admin dit :

      Bonjour Gérard,

      Merci pour votre commentaire.

      Vous avez raison, je suis aussi d’avis qu’une des causes principales de l’abstention est que l’offre proposée par les médias de masse ne correspond pas à la « demande » des citoyens. Je pense cependant qu’aux yeux de la plupart des gens, le résultat de l’élection demeure légitime (peu de personnes contestent les résultats, en partie puisque l’abstention est toujours présentée à part). Par contre, le risque est effectivement une érosion rapide de la légitimité du pouvoir, une fois celui-ci en place. Les médias sont donc effectivement en partie responsable de la crise politique que nous traversons actuellement.

  5. Pierre dit :

    Bonjour,

    merci pour cette étude qui fait ressortir mathématiquement ce que beaucoup de gens doivent penser.

    par contre, je pense qu’un autre facteur serait à prendre en compte en dehors de l’aspect quantitatif, et qui pourrait servir de variable d’ajustement (vous l’évoquez en parlant du contexte économique et social, etc…). il s’agit du traitement médiatique en terme de qualité. prenons, par exemple, la présidentielle de 2012, avec l’interview de Jacques Cheminade par Frédéric Haziza, où les journalistes ont passé les 3/4 de l’émission à parler des 2 lignes de son programmes qui parlaient de la conquête de mars sur plus de 300 pages (loin d’être farfelues) et de ses relations. Cheminade a été totalement décrédibilisé lors de ce passage (on lui a quand même demandé si son parti est une secte, mine de rien, ça doit jouer dans l’esprit des téléspectateurs).

    quand on voit à contrario le traitement des 2 candidats UMP / PS, où les questions sont clairement orientées dans le bon sens, les journalistes souvent d’accord (tout le temps ?), très peu de débat, degré de cirage de pompes maximum, on peut comprendre que les téléspectateurs ont une image très positive de ces candidats (mais bon, selon moi, ça va pas durer, les gens commencent à se rendre compte qu’on les prend pour des cons)

    du coup, cette différence de traitement entre les différents candidats sur le sérieux des questions posées (est ce qu’on se focalise sur le programme ou sur des futilités, le degré de cirage de pompe, etc…) pourrait servir de variable d’ajustement.

    pareil pour le FN, étant présenté par les médias comme le seul parti anti système, et compte tenu du contexte économique actuel, les électeurs se ruent sur la seule alternative aux autres partis que les médias leurs présentent.

    par contre, ça me semble difficile de chiffrer précisément cet aspect ^^

    • admin admin dit :

      Bonjour Pierre,

      Merci pour votre commentaire.

      Effectivement, des aspects qualitatifs pourraient être pris en compte. Cela pourrait d’ailleurs constituer le sujet d’un article ! (merci pour l’idée)

      On imagine cependant facilement que ces aspects qualitatifs sont secondaires, puisque rien que le temps de parole explique déjà 80 % de la variance des résultats à lui seul. Je pense que la corrélation pourrait même être améliorée en pondérant le temps de parole par l’audimat. La bienveillance des médias serait effectivement un troisième facteur, qui pourrait être mesurée en demandant à des observateurs naïfs de noter l’attitude des journalistes (on pourrait sélectionner de cours extraits, en ne gardant que les questions des journalistes et en cachant l’identité du candidat), ou peut-être en opérant une analyse sémantique des journalistes… Cela demanderait pas mal de temps et quelques moyens, cependant…

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